lundi, 14 avril 2008
Premiers pas dans la brousse …
Samedi 12 avril 2008
Voiture parée. Sac bourré. Soleil. Prêt pour la brousse.
Oui, bon, c’est la brousse de Nouvelle-Calédonie, parcourue de routes très carrossables. Cent dix kilomètres, une heure et demi de route. Et le soleil c’est mué en trombes d’eau. Et donc camping détrempé. Et donc petite auberge à Moindou parce qu’entre deux averses, le ciel reste d’un sombre très menaçant.
Alors une photo de la brousse pour ne pas faire mentir le titre. Puis, j’ai profité du trou dans le déluge pour aller me balader sur une plage à quelques kilomètres d’où je suis.
C’est une avancée de quelques kilomètres dans la mer. En fait, La Nouvelle-Calédonie, pour ce que j’en ai vu pour le moment, sur la côte ouest est très découpé. Une vraie dentelle. Et la pointe ou je suis allé est l’esquisse d’une mangrove, d’où quelques arbres les racines dans la mer.
La plage n’est pas très large et le marnage est faible, entre un et deux mètres lors des forts coefficients, ce n’est pas notre Bretagne ça ;-), mais elle est très longue et à un endroit bordée de quelques propriétés qui ont l’air plutôt cool. Ça ressemble à des cabanons, mais sur des terrains bien entretenus.
J’espère que demain le ciel sera plus clément et que je pourrai camper, ce serait plus cool, surtout pour ma bourse.
Lendemain donc, dimanche 13 avril.
Au levé le soleil est de la partie.
L’auberge est petite, deux chambres seulement. Ce n’est donc pas la bousculade au moment du petit déjeuner. J’en profite pour tailler une bavette avec la patronne qui est une caldoche. Et bille en tête je la branche sur sujets brulants, direct et sans tabou. Et ça marche. Je ne me fais pas jeter. Et donc, échange fort riche. Je lui explique le pourquoi (pro) de ma présence en Nouvelle-Calédonie (au passage ma note baisse de dix pour cent, c’est aussi ça la Nouvelle-Calédonie :-)). Comme partout ailleurs, la clé des tensions c’est l’intégration économique, exacerbée par un sentiment d’être exploité. Ce qui est parfois vrai, mais pas toujours. Un deuxième facteur de tension est le fait générationnel. Les indépendantistes Kanaks des années quatre-vingt sont aujourd’hui intégrés économiquement et sont les premiers à se satisfaire du statut d’autonomie. J’ai été abordé dans la rue, à Nouméa, par un ancien militant Kanak (je dois avoir la tronche du métropolitain moyen), qui aujourd’hui fait du bisness dans le tourisme sur les iles loyautés et qui me disait que le territoire ne serait pas près pour l’indépendance avant cinquante ou cent ans … C’est dire. Les jeunes gens, eux ressentent, comme les jeunes gens de toutes les cultures, y compris chez nous, dès lors qu’ils sont économiquement défavorisés, énormément de frustrations à la vue de notre société de consommation. Le repli identitaire, quoi que ne résolvant rien, est alors souvent la réponse apportée par ces jeunes gens. Le poids des traditions est extrêmement pesant et la transition culturelle reste à accomplir sur la majorité de l’ile. C’est du moins ce que j’ai compris pour le moment des deux ou trois échanges que j’ai pu avoir.
Et donc, avec le soleil, direction Saraméa à une vingtaine de kilomètre dans l’intérieur. Je pensais y trouver une tribu pour y camper le soir. En fait j’ai du louper un truc quelque part parce que je n’ai pas trouvé de tribu, juste un camping et une randonnée balisée, le Plateau de Dogny. Comme c’est ce que je voulais, pouvoir marcher, donc rando sur un sentier dans la forêt à flan de montagne. Une grimpette de plus de 900 m de dénivelée sur une petite dizaine de kilomètres.
Claire au départ, avec des trouées et des vues dégagées, la forêt s’épaissie après trois ou quatre kilomètres quand on aborde la montée. Le sentier a mon âge, il a été ouvert en 1957 pour relier les tribus des cotes ouest et est. Après deux bonnes heures de serpentins sur une pente presque à pic, c’est l’arrivé sur le plateau. Et là, pas de bol, les nuages sont revenus et sont fort sombres. Il y a encore de la balade à faire sur le plateau. Mais je redoute un déluge comme hier. Et si la pente, même sur le chemin humide ça passe, je crains une descente sur un sentier boueux sous des trombes d’eau. Je reste quand même assis deux bonnes heures au sommet où je mange un morceau, entouré de brume, histoire de récupérer. Mes jambes n’ont plus vingt ans et leur entrainement est un peu limite. Les presque mille mètres d’altitude ont réduit la touffeur de l’air. J’ai du suer deux litres d’eau en montant, mais là, en T-shirt, je suis bien. On sentirait même par moment une très légère fraicheur.
Quelques goutes pointent leur nez. Ouille, j’y ai droit. Mon K-way sur les épaules, par-dessus le sac à dot, j’entame la redescente. Un truc que je ne regrette pas d’avoir pris, ce sont mes groles de marche. Je ne sais pas si ça fait keck sous la chaleur ambiante, mais ça le fait, sans coup férir, sur les sentiers boueux et détrempés. En fait il n’est tombé que quelques goutes de temps à autres, pas de déluge et donc descente sans trop d’encombre. Faire gaffe quand même, mais ça va. Le piège, par contre, ce ne sont pas les endroits délicats, bien pentus et bien boueux. Non, le piège, c’est quand le chemin devient plus praticable, quand une troué dans la forêt attire le regard, quand la tension, l’attention, se relâchent quelques instants. C’est là que le pied, fatigué, trébuche, part en glissade. Trois rétablissements acrobatiques de haut vol pendant la descente. Où l’on se dit que c’est bien d’avoir le sens de l’équilibre. Où l’on se promet de ne plus se déconcentrer… Jusqu’à la prochaine inattention.
Sur le chemin vers le camping, où j’ai laissé ma voiture de location … un petit clin d’œil à l’ami Den … ;-)
Lundi matin, retour sur Nouméa ou je retrouve mon cybercafé préféré et le Wifi. Depuis vendredi dernier, je sais que j’y ai droit à une heure gratos de wifi pour 8€ de conso, ce qui est le prix du petit dèj (ils s’étaient bien garder de me le dire avant). Et donc, ce matin, contact … :-)
04:58 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

Commentaires
Super ces photos ! J'ai l'impression de sentir la moiteur (horreur) rien qu'en les regardant !
Trop mimi les ânes :-)
Ecrit par : Cigale | lundi, 14 avril 2008
Alors tu tends le bras et tu te vises la prochaine fois ;-) ça changera des bêtes à poils.
Jolis paysages !
Ecrit par : bougrenette | lundi, 14 avril 2008
Genial, on est avec toi en pensées, on voyage aussi c'est cool. :)
Ecrit par : if6 | mardi, 15 avril 2008
On pourrait s'attendre à des plages avec un beau sable blanc et fin et un ciel bien bleu... et non. :)
Ecrit par : Pablo | mercredi, 16 avril 2008
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