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dimanche, 27 avril 2008
Traversée d'un autre monde
Jeudi 23 avril 2008
Nuit au milieu des lézards et des moustiques entre quatre planches, pour le prix d’un deux étoiles à Paris. Déluge et tonnerre les deux tiers de la nuit.
Et décision au petit matin de retourner directement sur Nouméa. Je téléphone à la loc que j’avais. Elle est dispo jusqu’à mon départ. Je prends. Je garde la voiture et je finirai mon séjour en gravitant autour de Nouméa. Il y a des trucs sympas à voir et à faire. Et j’aurai une base arrière aux normes occidentales, avec piscine et clim, pour un prix très, très raisonnable. En tout cas bien moins cher et bien plus confortable que les gites vus et testés …
Pour tout dire, je crois que j’ai fait une découverte importante, pendant ce voyage. Que je n’ai plus vingt ans :-)).
Ben oui, je suis parti la fleur à la boutonnière, comme dans mon jeune temps, l’époque où je me suis fait le Cap Nord, en Norvège, ou encore la moitié des USA en auto-stop. Mais depuis, de l’eau a coulé sous les ponds, des enfants sont nés. Et si la vie m’a replongé depuis quelques années dans certaines affres d’une jeunesse pas toujours évidente, une partie de mes stratégies d’antan ne sont plus adaptées. La solitude dans l’inconfort m’est manifestement devenue difficile à vivre, contrairement au temps de mes vingt ans.
L’inconfort du Kamtchatka, l’été dernier, ne m’avait pas pesé. Mais outre que je supporte mieux le frais que le chaud, j’étais avec un groupe d’amis, et ça, ça changeait beaucoup de choses je crois.
Donc sur la route, direction Nouméa, mais par des chemins détournés …
Je ne sais pas si l’on peut qualifier le lieu de touristique. Mais je pense que c’est quelque chose qu’il faut avoir vu. Pour avoir l’esquisse d’une idée de la réalité, les photos ne rendent que faiblement compte de ce que l’on peut observer.
Les mines, pour l’essentiel sont à ciel ouvert. C’est sur les sommets que se trouves les minerais de métaux. Cela est dû à un contexte géologique particulier propre à la Nouvelle-Calédonie. Une explication fausse m’en avait été donné par un guide autoproclamé, charmant par ailleurs, mais ne sachant manifestement pas de quoi il parlait. Selon lui, la Nouvelle-Calédonie est un morceau d’écorce terrestre qui a été retournée comme une crêpe dans des temps immémoriaux. Les minéraux denses comme les minerais de métaux, en raison de l’action de la pesanteur sont plus en abondance dans les couches basses de l’écorce terrestre. Ceci expliquant cela, en Nouvelle-Calédonie, les métaux sont donc aux sommets des montagnes et leur exploitation consiste à araser lesdits sommets. En fait la deuxième partie de l’explication est juste, mais le coup de la crêpe est une ineptie. La réalité géologique, c’est qu’à un moment donné de son histoire, le socle rocheux continental de la Nouvelle-Calédonie, qui s’est détaché de l’Australie il y a 80 millions d’années environ, a été recouvert lors d’une phase de subduction par un morceau de croute océanique. Et ce sont les couches basses de cette croute océanique qui sont riches en métaux. Sous l’effet de l’érosion, la majeure partie de la croute océanique recouvrant la Nouvelle-Calédonie a disparu, ne laissant en place, sur les sommets des massifs montagneux que les couches basses, riche en métaux.
La biodiversité de la Nouvelle-Calédonie, outre sont isolement géographique depuis 80 millions d’années, tient aussi à une forte pression sélective exercée par l’environnement minéralogique sur les végétaux. D’une vallée à l’autre les espèces se sont diversifiées en fonction des teneurs variables des sols en métaux lourds. C’est particulièrement visible avec les pins.
Les préoccupations écologiques ne sont pas le fort des industriels en général, et des miniers en particulier. Structures et matériels à l’abandon …
Mais malgré tout la nature reste la plus forte et le maquis minier se reconstitue progressivement là où l’homme abandonne le terrain …
23:53 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
ah, sourire, la terre rouge qui colle aux pieds... j'ai gardé (comme une relique) la paire de chaussures marquée à tout jamais (et malgré les nombreux nettoyages) par la couleur de cette terre...
Ecrit par : RdT | lundi, 28 avril 2008
C'est vrai que la terre est belle ! On se croirait presque dans notre petit Colorado provençal ! ;-))
Sinon, tu me fais rire Quidam : il a fallu que tu ailles au bout du monde pour prendre conscience de ton âge !! (je me moque mais c'est gentil :-)
En tout cas, ça nous fait voir du pays le derrière sur la chaise... :-D
J'adore tes photos !
Ecrit par : Cigale | lundi, 28 avril 2008
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