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jeudi, 08 mai 2008
Retour en Comté.
Ami lecteur, amie lectrice, ce voyage est arrivé à son terme.
Comme dans tout blog, les notes apparaissent dans l’ordre inverse de leur publication, de la plus récente à la plus ancienne. Aussi, pour un suivi plus chronologique de l’histoire de ce voyage, vous trouverez dans la colonne à droite, tous les billets numérotés dans l’ordre de leur écriture.
Il s’agit bien d’un blog, pas d’un carnet de voyage. Enfin pas uniquement d’un carnet de voyage. Mes états d’âme, mon ressenti des choses, y occupent une place importante. C’est une étape de vie, à lire comme telle. Mais rien n’interdit de se contenter des photos … :-)

42h de voyage entre mon départ de Koutio (banlieue de Nouméa) et mon arrivé en Comté. Le déplacement en Nouvelle-Calédonie vaut le coup. Mais il faut choisir sa saison. La saison des pluies, ce n’est pas trop top.
Cependant, il y a de quoi s’en mettre plein les yeux. Prévoir un budget conséquent, tout est cher, sauf l’essence, et tout se paye, parfois à l'excès à mon avis. Ne pas s’attendre à un service toujours à la hauteur du prix payé. Pour débarquer sur Nouméa, voici toujours une adresse où je me suis trouvé bien (pour savoir où vous mettez les pieds si vous la retenez), et qui a certainement contribuée à changer l'image négative que j'ai eu les premiers jours, de la Nouvelle-Calédonie …


Je ne reviendrai pas sur mes conclusions personnelles données à la fin du précédant billet. En ce qui concerne la Kanakie-Caldochie, pour reprendre la dénomination proposée par mon ami Cyp, il y a des choses qui m’ont plu, et d’autres beaucoup moins.
L’indépendance, pour ce territoire, serait à mon avis un non sens. Une partie extrêmement importante de la population kanake est encore en voie de développement. Le pouvoir économique est aux mains d’une dizaine de familles occidentales et de multinationales. Seul un état fort permettra la poursuite d’un développement préservant un tout petit peu le faible de l’appétit gargantuesque du fort.
Pour répondre à Pierrot, sensible aux questions politiques. Il n’y a clairement plus de colonialisme. Ceux qui parlent de colonialisme, sont, comme en Corse, des manipulateurs politiques, qui dès qu’ils ont accès au pouvoir ou aux richesses, se comportent comme n’importe quel autre prédateur social.
Le problème principal est celui du gradient social, comme partout sur la planète. Ici, il est accentué par un sous-développement des populations kanakes en partie entretenu par une rigidité sociale héritée des structures traditionnelles. Si la culture Kanake est à préserver dans son art, dans son organisation sociale je suis beaucoup plus réservé. En fait, je pense qu’elle est à combattre. Je le dis très clairement et j’assume. Les accords de Nouméa, ont été, pour moi, en grande partie une grave erreur, surtout pour les kanaks eux-mêmes.
Si une intégration de l’identité kanake à l’école a été et est une excellente chose, elle s’est fait me semble-t-il dans un certain excès. Les livres d’histoire parlent de civilisation kanake. L’usage de ce terme m’interpelle. Il y a une culture kanake, c'est une évidence. Mais parler de civilisation ? Les chimpanzés et les corbeaux calédoniens me semblent également répondre à la définition du mot civilisation dans cette acceptation. En effet, ils ont une technologie, ils savent fabriquer des outils pour un usage bien déterminé et adapté à cet usage, ils sont capable de transmettent ces savoir-faire à leurs petits, ils ont des comportements sociaux variables d’un groupe à l’autre et l’on observe bien des cultures différentes d’une population à l’autre chez chacune de ces espèces. Curieusement, le cannibalisme, fait culturel avéré, n’est pas évoqué dans l’histoire de la « civilisation » kanake. De même est passé sous silence le fait que dans la résolution de conflits, il était d'usage, jusqu'à une date encore très récente, de donner, oui, de donner, un enfant comme gage d'apaisement. Par contre on y évoque les vertus d’une société hiérarchisée et structurée, dont les effets aujourd’hui sont plutôt sclérosant … Certes, dans le machisme et la rigidité hiérarchique il y a pire, notamment les sociétés traditionnelles polynésiennes.
On peu bien sûr discuter du bien fondé d’imposer les valeurs occidentales. En ce qui concerne le respect de la personne humaine et de la vie, je me range franchement dans le camp impérialiste. Cela dit, reste la manière dont les choses sont mises en œuvre. Je suis un tenant de l’éducation, pas de la violence. A ce propos, je range Buch et les américains en général dans le camp des barbares n’ayant pas encore atteint le niveau de civilisation de l’Europe.
L’opinion que je développe là est bien sûre partielle, voir partiale. Mes contacts avec la société kanake ont été extrêmement partiaux, mais les faits que j’évoque et qui étayent mon appréciation reste réels et avérés. En particulier, j’ai lu le livre d’histoire du cycle 3 imposé par le gouvernement calédonien. La compétence sur l’éducation primaire ayant été transférée de l’état vers le territoire. Le comportement machiste, je l’ai vu aussi.
Je conteste également le principe de la coutume consistant, lors de la visite d’une tribu, à donner quelque chose au chef de la tribu. On propose sa coutume, en faisant un cadeau par exemple, si telle est sa coutume, à son hôte. Mais on n’impose pas sa coutume en exigeant un cadeau de son hôte. C’est bien là pour moi le symbole d’une société de pouvoir et de soumission hiérarchique. C’est la principale raison pour laquelle je me suis finalement refusé à me rendre dans une tribu. En outre, l’idée d’aller voir des gens dans leur vie comme on va au spectacle est quelque chose qui me hérisse et heurte profondément ma pudeur. Surtout quand je soupçonne qu’une part importante des gens en question ne fait en cela que subir la loi phallocrate des anciens et des chefs.
En résumé, il me semble qu’il y a des traditions dont la préservation ne soit pas forcément une bonne chose.
Tout cela étant dit, si en terme d'emplois, la notion de priorité à l'emploi local est parfois douteuse dans son application, à compétence équivalente pour un poste, il faut absolument non pas favoriser l'emploi local, qui inclut les caldoches, mais la discrimination positive en faveur des personnes d'origine mélanésienne. De même au plan scolaire, la révision des programmes pour y inclure d'avantage l'histoire et la culture des populations mélanésiennes et du pacifique est une bonne chose, mais mettre en place des prise en charge destiné à facilité l'accès aux études secondaires et supérieures des jeunes mélanésiens serait, me semble-t-il beaucoup plus important.
Mon sentiment, avec les accord de Nouméa, c'est qu'ils passent en partie à coté de l'essentiel, c'est à dire l'intégration des moins favorisés dans le monde et la civilisation d'aujourd'hui.
Je ne dispose pas d’éléments pour analyser la société caldoche. Les deux où trois personnes rencontrées ont été sympathiques. Elles ont parlé sans tabou de la Calédonie. Mais elles n’étaient bien sûr pas des membres des dix familles …
Pour le reste, les occidentaux rencontrés, des métropolitains installés là-bas, leurs motivations sont pour l’essentielle économiques et climatiques. Et Nouméa est une ville moyennement grande comme n’importe quelle capitale régionale de métropole et les conditions de vie, avec bien sûr quelques spécificités locales, y sont assez comparables.
Pour finir, la Nouvelle-Calédonie, c’est entre deux cent cinquante milles et deux cent soixante milles habitants. Ce qui représente une agglomération régionale de taille moyenne en métropole. Certainement pas de quoi faire un pays à part entière en matière de masse critique.
Tout ceci considéré, si un jour je dois aller vivre en Nouvelle-Calédonie, ce ne sera assurément pas pour me mêler de politique.
Ce sera plutôt pour ça … :-)))
12:31 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
Et hop, au boulot.
Cela commencait à bien faire!!
On se prend 6 semaines. Oui ,Quidam a dit 6.
Cela devrait-il durer? Non!
Il n'a plus qu'à revendiquer les 35 h. Quoique, un Maitre de conférences doit voyager à 12-16 h par semaine.Non?
Soyons bon joueur...Bon retour Quidam!!
Rien n'a changé, nous avons toujours luluberlu de service qui nous dirige au sommet. Au sommet? Avec un tel luluberlu, il n'y en a plu!
Ecrit par : den | samedi, 10 mai 2008
Au fait...
Des bateaux, des bateaux....
Il n'y aurait donc pas d'ânes en NC?
Ah, ah,ah,ah!
Ecrit par : den | samedi, 10 mai 2008
Mon cher Den, je te renvois à la dernière photo de la page http://nouvelle-caledonie.hautetfort.com/archive/2008/04/14/premiers-pas-dans-la-brousse.html
Tu ne sembles pas avoir très bien suivi ...
Faut dire qu'avec le guignol qui sévit à l'Élysée, je comprends que tu sois un peu distrait ... ;-))
Ecrit par : Quidam LAMBDA | samedi, 10 mai 2008
Je suis tout confondu.....
Cinq yous!
Soit, je n'ai pas vu ce billet, soit, le plus grave m'atteint, l'oubli...
J'opte pour la première solution...
Je commence à oublier les noms, prénoms. Bien que cela n'ai jamais été mon fort,la mémoire des noms, j'ai parfois des sueurs froides. Heureusement que cela se vérifie chez les quincas.
Il ne manquerai plus que je zappe tes billets. ;-))
Ecrit par : den | samedi, 10 mai 2008
Mettre les voiles !!
Ecrit par : catherine | dimanche, 11 mai 2008
Je n'avais pas vu la photo dans ce sens là Cath ...
Pour le moment du moins, je ne suis plus dans ce schéma. Je n'éprouve plus le besoins de fuir. Par contre le plaisir de naviguer, oui cela reste un rêve, parfaitement réalisable par ailleurs. Ça reste surtout une question d'opportunité et de temps (au sens du temps venu). Pour le moment ce serait prématuré. Mon rôle de père n'est pas tout à fait terminé.
Je redoutais un peu mon retour, de faire une décompensation comme lors de mon retour du Kamtchatka. En fait je me sens d'une sérénité rare. Et d'une certaine façon, j'ai la sensation que ce voyage a éclairci beaucoup de chose en moi. C'est assez étrange pour tout dire ... :-))
La signification de la photo, c'est que maintenant, si un jour je pars pour la Nouvelle-Calédonie, ce sera pour de bonnes raisons. Enfin je pense ... ;-))
Ecrit par : Quidam LAMBDA | dimanche, 11 mai 2008
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